uluslarin_bagimsizlik_mucadelesi_yasayacak225

Güle güle komandante Chavez, güle güle Jerome Savary!

Ölmüş ustam Jerome Savary

Boş bakarak karşıladım haberi

Takvim yıldırım hızıyla gitti geri

Strasbourg’da Magic Circus günleri


Kırklı yaşlarındadır şimdi

Kucağımda taşıdığım oğlu Robenson Savary

Kapandı Magic Circus defteri

Durumu garipsedim

Olayı şarapsadım

Gökyüzüne takılı kaldı gözüm

Koşar adım geçmiştir Sırat köprüsünü

Sirk canbazı Savary

Çenette sürdürecek fantezilerini

Fransız tiyatrosunu allak bullak eden muhalif

Tiyatro sihirbazı çılgın Jerome

Başın sağ olsun Robenson.


Savary’i düşünürken Gene çaldı ibn-i telefon Bu kez Chavez’in ölüm haberi Bir yerinden fena yandı özüm Venezuela’nın efsane başkanı Halkının kahramanı Fidel Castro’nun can dostu Chavez de uçtu gitti Yeniden doldurdum kadehi Şimdilik evde yasak değil içki Elhamdülillah

Chavez melek kanatlarında geçmiştir Sırat köp­rüsünü.

Arjantin doğumluydu Savary

İkinci dünya savaşından kaçarak

Oraya sığınmış ailesi

Ana dili gibi konuşurdu İspanyolcayı

Belki de bu yüzden Magic Circus’te

Pinochet’den kaçan Şilili oyuncular vardı

Buluşmuşlardır herhalde

Öbür dünyada Chavez ile Savary

Che Guevara karşılamıştır onları

Sırat köprüsü berisinde

Başında yıldızlı beresiyle

Öbür dünyada

Yasak değildir yıldızlı bere

Elhamdülillah

Castro’yu sormuştur onlara Komandante Che Guevara Chavez gülümseyerek demiştir ki Durumu çok iyi Fidel bin yıl yaşayacak demiştir Savary.

Omar Gonzola Lopez okul arkadaşım Strasbourg konservatuarından Venezuelalı

1975’ten beri tiyatro yapıyor Caracas’ta Şu an İspanya turnesinde takımıyla Nazizme karşı oyunuyla Başın sağolsun Omar.

Güney Amerika ağıtlar yakarken

Chavez’in ardından

Ülke için değişim fırsatı

Diyor Amerika

Fırsat Amerika için

Bir değişim istemiyor Venezuela

Sen siyah avucunu yala Obama

Caratas’ta Omar var

To be or not to be

Yani ki Obama ya da Obamama!

Ferhan ŞENSOY - 11 Mart 2013 - Aydınlık

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jerome_savary

La mort de Jérôme Savary, aristocrate des tréteaux!

Le metteur en scène s'est éteint lundi soir dans un hôpital parisien, vaincu par un cancer qui s'était généralisé. Il avait eu 70 ans le 27 juin dernier. Le fondateur du Grand Magic Circus avait dirigé le Centre dramatique de Montpellier, Chaillot, l'Opéra-Comique, sans jamais perdre sa verve et son inventivité.

Il s'est éteint à l'heure où l'on entre en scène. Il s'est éteint comme on entre dans un grand théâtre inconnu. Vaincu par la maladie, un cancer du larynx qui s'était généralisé. Digne et courageux jusqu'au bout. Il était encore sur scène à Rueil-Malmaison, à Noël, pour Tartarin de Tarascon. Et ne voulait pas que l'on s'inquiète pour lui. Il pensait à sa famille, son fils et ses trois filles, de trois mamans différentes. Le créateur du Grand Magic Circus était resté, toute sa vie, un homme de troupe, un chef de famille.

Né le 27 juin 1942, en Argentine, à Buenos Aires, où son père, écrivain français, avait rêvé d'une sorte de phalanstère d'artistes et où sa mère, fille d'un gouverneur de l'État de New York, veillait sur lui tendrement, Jérôme Savary avait connu très jeune les rigueurs de la pension, le Collège cévenol. La musique le passionne d'abord. À Paris, il est adolescent lorsqu'il fréquente Saint-Germain-des-Prés, apprend la musique auprès des Martenot et étudie aux Arts déco.

«Animaux tristes»

De ces années de formation, il parlait comme d'un paradis. Mais c'est à New York qu'il va vraiment s'épanouir. Musique et photographie sont son quotidien. Il est jeune, beau, intelligent, ardent. Il rencontre tous les grands jazzmen de l'époque, Thelonious Monk, Count Basie et les poètes de la Beat Generation, Kerouac, Ginsberg…

En 1965, de retour à Paris, il fait une rencontre déterminante: Victor Garcia, metteur en scène argentin, l'engage dans Ubu Roi, de Jarry. Au Théâtre Récamier, un spectacle fou… Jérôme Savary a trouvé sa préférence: il sera metteur en scène. Citons Le Labyrinthe, de Fernando Arrabal, et ce spectacle délirant que fut Oratorio macabre du radeau de la Méduse au Studio des Champs-Élysées en 1967.

À l'orée des années 1970, Jérôme Savary fonde Le Grand Magic Circus. Sa troupe et ses «animaux tristes» feront le tour du monde, des années durant, avec des spectacles qui mêlent le cirque, le music-hall, la musique, le théâtre…

On ne peut oublier Les Aventures de Zartan, frère mal-aimé de Tarzan, et les plus politiques De Moïse à Mao ou les délires de Copi, son ami argentin, dans Goodbye Mr Freud.

Le Grand Magic est, à côté du Théâtre du Soleil qu'Ariane Mnouchkine a créé en 1964, la grande troupe représentative de l'imagination et de la vitalité à la française.

Le fou de Chaillot

Très vite, le metteur en scène Savary est très demandé. Notamment en Allemagne où il aura toute sa vie travaillé. Avec l'arrivée de la gauche au pouvoir, lui qui a dès 1974 soutenu le candidat Mitterrand, accède à la direction d'un centre dramatique. Ce sera Montpellier, avec Christian Gay-Bellille, de 1982 à 1986. Il quitte l'institution, y laissant un copieux déficit…

Le voici à Lyon, au Théâtre du 8e où il va créer l'inoubliable version de Cabaret, en 1986, avec Ute Lemper qu'il a découverte en Allemagne.

Un grand producteur et tourneur croit en lui, Fernand Lumbroso. Ce dernier a pris la direction du Théâtre Mogador, avec sa sœur Odette. C'est dans ce théâtre que Jérôme Savary va signer aussi bien des spectacles pour enfants que de belles productions opulentes, La Femme du boulanger, de Pagnol, avec Galabru en 1985. C'est là aussi, car elle travaille avec les Lumbroso, qu'il rencontre Marie Gavardin qui sera sa secrétaire générale et sa directrice générale à Chaillot. Marie Gavardin qui s'est éteinte il y a quelques mois.

En 1988, il prend la direction du Théâtre national de Chaillot. Il y demeurera jusqu'en 2000. Il sait ce qu'est un théâtre populaire. Mais il ne va jamais vers la facilité. Il monte un d'Artagnan écrit par Dabadie, mais aussi Dommage qu'elle soit une putain, de John Ford, il met en scène Chantecler, de Rostand, avec Jean-Claude Dreyfus, et La Résistible Ascension d'Arturo Ui avec Guy Bedos dans le rôle-titre.

Il pratique un éclectisme fertile. Il est très sollicité pour des spectacles musicaux, des opéras, des opérettes mais aussi des comédies musicales, comme La Légende de Jimmy, de Michel Berger et Luc Plamondon, qui se donne au Théâtre Mogador.

Chef de famille

De 2000 à 2006, Jérôme Savary dirige l'Opéra-Comique. Et il redonne une vitalité certaine à l'établissement. Il mêle les ouvrages très classiques et les créations légères. Il parvient à intéresser les mécènes. Il invite de bons metteurs en scène et des musiciens importants et met lui-même en scène des dizaines d'ouvrages, de La Vie parisienne, d'Offenbach, au Barbier de Séville, de Rossini.

Mais il est aussi invité à l'Opéra, aux Chorégies d'Orange, et à l'étranger. Il vit mal la rupture avec l'institution. Il a 65 ans. On ne peut plus diriger un théâtre à cet âge. C'est la règle.

Il reprend la route. Avec ses enfants. Sa fille Nina qui chante. Manon qui met en scène. Robinson, lui, est un cinéaste et photographe remarquable. La petite dernière, Beatriz, en papa gâteau, il va la chercher à l'école.

À Dejazet, chez Jean Bouquin, il célèbre Boris Vian, monte un spectacle pour son ami Michel Dussarat. La maladie le rattrape. Il aimait les havanes, il n'avait pas peur de boire. Le cancer ne l'empêche pas de mettre en scène La Fille à marins au Rive-Gauche au printemps dernier. Avec et pour sa fille Nina.

Il y a quelques semaines, il avait mis en scène au théâtre de Rueil-Malmaison un épatant Tartarin de Tarascon, le rêve de sa vie, avec un Michel Galabru qui avait 20 ans! Jérôme Savary était en scène. Il n'avait plus de souffle. Mais il était là, flottant dans ses vêtements, mais vaillant. Un grand homme de tréteaux qui savait tout faire et qui partageait tout.

Par Armelle Heliot - publié le 05/03/2013 Le Figaro

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